Comme chaque été depuis 16 ans, les meilleurs grimpeurs du monde se donnent
rendez-vous à la station alpine de Serre-Chevalier pour le plus grand bonheur dun
public nombreux et toujours aussi connaisseur.Cette
année, personne ne manquait à lappel. Certes, il y eut des surprises comme
lélimination de Flavio Crespi, lItalien en forme du moment et du talentueux
Sylvain Millet, qui faisaient les frais dès la demi-finale dun plateau très
relevé.
Particularité de cette épreuve, les finales se déroulent
en plein air sur une voie que chaque compétiteur travaille pendant 30 minutes. A ce jeu,
Tomas Mrazek, champion du monde sortant, se montrait dépassé et tombait bien avant la
sortie de la voie.
Volontaire, puissant, bien dans le rythme, Mickaël Fuselier,
soutenu par un public chaleureux donna limpression de pouvoir sortir la voie. En
vain. Cest finalement Alex Chabot qui atteint le premier le sommet avec une
facilité et une décontraction étonnante pour le niveau de difficulté proposée, soit
8c ! Il fut suivi de peu dans cette réussite par Jorg Verhoeven, un jeune et grand
hollandais au style très élégant, puis par le petit et volontaire Ramon Puigblanque,
peu handicapé par sa petite taille. Mais la surprise vint du Basque Patxi Usobiaga, qui
utilisa en main les prises de pied prévues par les ouvreurs et coupa la voie, supprimant
au moins 15 mouvements sur les 45 prévus. Saluant la foule entre deux décontractions, il
se plaçait comme le favori dune super finale à quatre.
Trop nerveux, le jeune Jorg Verhoeven perdait peu à peu son
influx dans le dévers final pour finir au pied du podium. Ce sera sans conteste le nom à
retenir pour les années à venir.
Malgré sa taille, dans un style très dynamique, Ramon Puigblanque échouait à la
troisième place. Favori du public, Alex Chabot perdait beaucoup trop dinflux dans
la partie basse de la voie pour espérer inquiéter Patxi Usobiaga. Il réussissait à se
refaire malgré deux grosses alertes dans la voie mais restait une prise plus bas que le
Basque.
Chez les filles, Martina Cufar était privée de finale,
victime elle aussi dun plateau très relevé. Une finale trop facile permettait à
sept filles dattraper le bac final. Les favorites comme Angela Eiter, la fille qui
gagne tout depuis le début de saison, la très élégante Suissesse Alexandra Eyer, et
les Françaises Caroline Ciavaldini et Sandrine Levet atteignaient le sommet sans
problème tout comme la jeune et talentueuse Slovène Maja Vidmar, tandis que Jenny
Lavarda, lItalienne décolorée et la Japonaise Yuka Kobayashi se qualifiaient au
prix dun combat incroyable.
Concentrée, volontaire, puissante et dynamique, Sandrine
Levet montrait létendu de son talent en saisissant le bac de sortie de la super
finale sans toutefois pouvoir le tenir. Mais cétait suffisant pour remporter les
masters devant une surprenante Maja Vidmar et Angela Eiter toujours aussi précise dans
son escalade et sa gestion de leffort. La déception venait de Caroline Ciavaldini
qui se déconcentrait et échouait tout près des meilleures alors que la victoire
semblait accessible.
Sandrine Levet, resplendissante de bonheur avec le retour du succès, voyait enfin
récompensé le résultat dun travail acharné à lentraînement.
Succès populaire, les Masters ont réuni près de 2 000
spectateurs. Cette année, cest Paul Dewilde, qui fut jadis 2ème de ces masters,
qui officiait comme commentateur. Une tâche difficile car la compétition offre un
spectacle particulièrement lent.
Cette année, la pause entre les finales et les super finales pour permettre de
préparer les voies dura plus dune heure trente, faisant finir à 0h40 une épreuve
commencée à 18h30 !
Seule une petite poignée de courageux assistera de ce fait à la remise des prix
et linterview des vainqueurs à leur grande déception. Ce sera le gros raté de
cette épreuve au plateau réellement exceptionnel. |