Cela s'est passé à
Fontainebleau...
1870
Hippolyte Taine, écrivain venu à Barbizon pour le calme, aimait escalader les
rochers.
1874
Naissance du Club Alpin Français, certains membres y découvrent
la magie des blocs de la forêt.
1908
Au Bas Cuvier, Jacques Wehrlin franchit à l'aide de chaussures à clous une
fissure à droite du Carré d'As qui porte aujourd'hui son nom. Ce problème est coté 3
de nos jours.
1910
Naissance du Groupe des Rochassiers qui entreprend l'exploration de la forêt pour
repérer les secteurs les plus intéressants. Ils découvrent le Cuvier.
Au début du siècle l'accès par le train par Bois-le-Roi étant de loin le plus
aisé, le secteur du Cuvier fut le plus parcouru et fait parti intégrante de l'escalade
Bleausarde de l'époque.
Les membres des Rochassiers étaient Chevalier, Mignot, Damesne, Prestat,
Pierrefeu, Maunoury emmenés par leur chef de file Jacques Wehrlin.
Tous ces noms évoquent aujourd'hui des blocs majeurs ou des secteurs de la
forêt...
1913
Les frères De Lépiney rejoignent les Rochassiers. Le Groupe se bat pour faire
reconnaître l'utilité de l'escalade en forêt de Fontainebleau comme terrain
d'entraînement auprès des hautes instances cafistes.
1914
Le quatrième degré tombe. Jacques De Lépiney réalise la fissure de la Prestat
à l'aide d'espadrilles à tiges montantes.
A l'époque réputée impossible, Prestat y avait fait des tentatives sans succès
et avait dû offrir le champagne après la libération de la fissure par De Lépiney.
1919
L'après guerre. Quelques uns des membres du Groupe Rochassier dont les frères De
Lépiney et Paul Chevalier fondent le Groupe de Haute Montagne (GHM).
1924
Le Groupe de Bleau (GDB) est fondé cette année là. On compte notamment dans ses
rangs des figures marquantes de l'escalade de cette époque comme Pierre Chevalier
(inventeur en 1943 de la corde d'escalade en nylon), Henri Brenot (inventeur du jumar),
Marcel Ichac, Hugues Paillon, Jacques Boell, Guy Labour et les frères Leininger.
1930
Apparition des premiers grimpeurs sur le massif des Trois Pignons.
1932
Pierre Allain rejoint le Groupe de Bleau et en devient le chef de file.
Le célèbre POF fait son apparition et aide à résoudre certains problèmes
d'adhérence.
1934
Pierre Allain ouvre "l'Angle Allain" au Cuvier Rempart. Aujourd'hui coté
5+, cette voie était à l'époque le premier 6 de la forêt. Elle était nettement
au-dessus du niveau de ce qui se faisait à l'époque.
1935
Pierre Allain invente le chausson d'escalade.
1939
Le deuxième conflit mondial mettra fin au Groupe de Bleau.
1942
L'occupation ne réduit pas les ardeurs des bleausards. De nombreux bivouacs furent
installés, notamment au Cuvier, dont les entrées étaient dissimulées par des trappes
recouvertes de sable. De plus les bombardements rendaient difficiles l'accès à la forêt
et les trains avaient souvent pour terminus la gare de Melun où une bicyclette était un
précieux allié pour rejoindre les massifs.
1943
Pendant la deuxième guerre mondiale la Gestapo qui n'arrivait pas à trouver un
dépôt d'armes dans le massif des Trois Pignons décida de mettre le feu. 1100 ha de la
forêt furent ainsi brûlés.
Cette même année, l'ensemble du site fut classé.
1945
Maurice Martin fait l'inventaire des blocs du Bas Cuvier... le topo d'escalade est
né.
1946
La "Marie Rose" est ouverte au Cuvier par René Ferlet. C'est le premier
6a officiel de la forêt. Pierre Allain répétera le bloc avec ses fameux chaussons P.A.
1947
Fred Bernick proposa et traça deux boucles d'escalade au Cuvier Rempart. La
continuité des efforts demandés pour les parcourir se rapprochait de celle d'une petite
course en montagne. C'est la naissance des premiers circuits de la forêt... les petites
flèches apparaissent sur les blocs.
1952
Le ministère des Armés rachète le domaine du Bois Rond (propriété Vollard).
L'armée dispose alors d'un champ de manoeuvre pour l'infanterie et les véhicules
blindés à proximité de Paris.
1953
Coté 6c/7a de nos jours, la "Joker" est ouverte par Robert Paragot. La
voie fut cotée 6h avant l'institution du 7ème degré.
1960
Le premier 7a de la forêt est ouvert par Michel Libert au Bas Cuvier,
"l'Abattoir".
1961
L'autoroute A6 traverse (hélas) la forêt.
1962
Création du COSIROC pour la lutte contre la menace de
l'urbanisation. Le COSIROC demande le rachat par l'Etat de
près de deux mille propriétés constituant le massif des Trois Pignons.
1966
Début de l'enquête publique en vue de l'expropriation de l'ensemble du massif des
Trois Pignons.
1969/1970
La bande à Puck (Pierre Nédélec), balise un parcours (rando) qui
faisait le tour du massif des Trois Pignons... le parcours des 25 bosses venait de
naître.
Avec ses dénivelés importants, il permettait désormais d'offrir un terrain
d'entraînement aux longues marches d'approche montagnardes.
1972
Maurice Martin balise la variante du J.A. Martin et rallonge ainsi le parcours de
randonnée des 25 bosses dans le massif des Trois Pignons.
1977
Jérôme Jean-Charles réalise "Carnage" au Bas Cuvier. C'est le premier
7b annoncé de la forêt.
A noter malheureusement que le 13 juin 2001 "Carnage" (prise de
départ cassée) a subi des actes de vandalisme grave.
1979
C'est à la fin de cette année que l'ensemble du massif des Trois Pignons est
acquis totalement par l'Etat. La forêt est désormais gérée par l'Office National des
Forêts (ONF).
1984
Jean Michel Gosselin ouvre au Cuvier la "Super Prestat", une
impressionnante dalle en 7b+. Au Cuvier Rempart Jacky Godoffe ouvre "Big Boss"
un surplomb en 7b+, mais il ouvre surtout cette même année, toujours au Rempart, le
premier 8a de la forêt "C'était Demain".
1993
Jacky Godoffe ouvre "Fat Man", un surplomb en 8b au Cuvier. A noter
malheureusement que le 13 juin 2001 "Fat Man" tout comme "Carnage" a
subi des actes de vandalisme grave.
1995
Collaboration entre l'ONF et le COSIROC pour une grande opération de lutte contre
l'érosion sur le pignon du 95.2 dans le massif des Trois Pignons. 120 bénévoles y ont
construit plus de 160 ouvrages de stabilisation.
1999
La tempête du 26 décembre 1999 (avec des vents de 170 km/h environ) a provoqué
des dégats très importants. Des arbres cassés ou renversés sont répartis sur
l'ensemble de la forêt.
C'est surtout le sud qui a été touché, la forêt des Trois Pignons n'a subi que
des dégâts limités.
Les forestiers estiment le volume touché à environ 300000 m³ soit à peu près
500000 arbres sur un total de 7850000 (statistique de 1993).
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